De rosiers à oeillets à… moi-même ? N°1194
Écrit par admin sur 2 avril 2025
Au diable les beaux buffets en bois anciens, les chaises de paille, les vases offerts pour les fêtes, la vaisselle parfois de porcelaine, les éléments de chambre d’enfant, l’assemblage de meubles et de bibliothèques, tous ces artefacts qui commémorent les unions matrimoniales ou les naissances, qu’ils soient réalisés en verre, céramique, fibre, métal et bois. Ou comme moyen de créer des souvenirs ou de conserver des traces, telles ces tasses tendres auxquelles je dois leur donner une destinée qui étaient des témoignages d’affection ou d’amitiés, comme ces napperons fabriqués main, etc…
Ainsi, je valse ces temps-ci entre dépôts à Emmaüs, déchetterie ou recyclerie, non sans vertige parfois, compte tenu de mon obligation matérielle à « vider » le lieu familial – à relire ici.
Mais dans ce lieu c’est aussi l’éco-lieu, ce jardin auquel tenait tant ma mère, pour ses rosiers et oeillets, qui survivent depuis plusieurs dizaines d’années, pivoines, etc… Pour lesquelles, il m’apparaît inconcevable de les laisser choir, attaché, suis-je, d’une affection fraternelle à leur égard. D’un besoin viscéral, je tiens à les accueillir sur mes propres plates-bandes. Mais, auraient-elles – ces plantes- voulu me le faire savoir ?
« Essayez d’imaginer une planète où les plantes auraient appris à communiquer. Dans ce monde imaginaire, elles peuvent échanger des informations, se faire comprendre des animaux et même du plus complexe d’entre eux, l’homme. Sur cette planète, les végétaux savent en effet parler aux animaux dans leur langue, et recourir à des arguments très convaincants pour obtenir l’aide dont ils ont besoin.
Ils peuvent en outre élargir le champ de leurs investigations par-delà les limites de leur organisme, en se servant d’autres plantes et d’une partie de la faune comme d’un réseau d’informateurs. Ils peuvent encore leur soutirer de petits services et demander l’intervention d’autres espèces en cas de nécessité, surtout lorsque, dans l’impossibilité où ils sont de se déplacer, ils doivent se défendre contre des prédateurs herbivores. Ils peuvent enfin recevoir de l’aide pour se reproduire et abonder dans l’environnement, encore un effort d’imagination, et pensez maintenant à une planète où les organismes les plus silencieux, les plus passifs et les plus vulnérables que nous connaissions – les plantes – conditionnent et, par certains aspects, orchestrent la vie des animaux, du plus infime ver de terre jusqu’à l’être humain. Cette planète existe, elle s’appelle la Terre. » (Stepano Mancuso – Allessandra Viola – L’intelligence des plantes – extrait pg 113-114).
D.D
Ce qui a été dit et écrit ici-même autour du Versant animal & végétal.